✏️ La chronique d’Isa-belle-mais-non: Bande d’assassins de notes, va ! 

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Ma Pepette veut changer de parfum.
Texto, nom du parfum, oh-OH-OH ! DIOR .. Bon, l’a bien travaillé, ce sera son œuf de Pâques.

Je franchis le seuil du magasin-qui-sent-bon…
Damoiselle 1.90, perchée sur les chaussures acque-la-semelle-rouge, fait un demi-tour-immédiat, et bondit sur mon petit 1.70² 
– J’peux vous z’aider ? vous z’avez 20% jusqu’à dimanche, nous sommes z’ouverts toute la journée et fermés lundi.
Ma parole, quand tu vas chez elle, tu dois te retrouver instantanément débarrassé de ton manteau, assis confortablement, un verre dans une main, un feuilleté dans l’autre, rhabillé, c’était sympa, au revoir !

Je recule un peu pour voir tout ce qu’il y a au dessus des Louboutins (je ne pourrai pas tenir une heure là-dessus) et encore au dessus des poils de nez coupés nets de la très pressante Damoiselle, qu’a pas l’intention de me lâcher.
– Dior Addict (de Dior, ben tant qu’à faire), vous z’avez ?

Hop là ! Quart de tour, droite, tout droit. Trois enjambées pour elle, au trot pour moi qui la suit : nous y sommes.
Telle ses copines du « Juste Prix », Damoiselle fait le geste travaillé du « Regarde-mon-produit-comme-l’est-beau-il-est-là-Ta-Taaaannnn ».
– Je vous parfume ?
Je n’ai pas le temps d’acquiescer : main-de-moi est déjà dans la sienne, manche-de-moi-retroussée-par-elle, PSSSSHHHIIITTTTTTTT fait doigt-de-elle.
Le vapo refermé, rangé. Ça, c’est fait.
Je suis étonnée… 
– Ça sent le thym, la fougère… le parfum de mec…Non… La vanille, la fleur d’oranger… Je ne le « comprend » pas.

Louboutine-j’en-suis-à-mon-28ème -jour, me tire, tout en lançant un regard furibond à sa clone qui pssshiiitttait un Monsieur, juste derrière moi. J’étais dos à dos, à la colline au parfum de thym..

Pour me concentrer sur le parfum à la vanille, je fais un geste que je ne referai jamais plus : je frotte mes poignets l’un sur l’autre.
Et je me fais engueuler :

– JAMAIS, MADAME ! IL NE FAUT JAMAIS FAIRE CA !
Sa BB crème teintée est contrariée. 
Ses pupilles noircissent sous ses yeux rimmellés sans paquets.
Ses sourcils crayonnés, épilés pile poil, se froncent. 
Sa bouche glossée, rictusse.
L’esthète-parfumeuse-maquilleuse n’est pas contente.

– Dans un parfum, il y des notes de Tête, de Coeur, de Fond… Vous les avez mélangées, ABÎMÉES…
Pétard, je fais du grand n’importe quoi. Moi qui voulais être NEZ… Comment ai-je pu ! Je me sens faible et désemparée. Presque, je m’excuse.

Ses yeux prennent des accents métalliques, elle sourit sans sourire.
C’est grave.
Je l’énerve en plus de ses hormones…

En face de moi, la réincarnation de Jean-Baptiste Grenouille, héros de mon livre préféré me fixe, me balance les prix selon les ml, me lance un « Je vous laisse réfléchir », et tourne ses talons Louboutineux, vers la prochaine victime qui vient d’entrer dans la boutique-qui-sent-pas-si-bon-non-non.

Je sors en silence, traînant derrière moi en farandole, des notes de piano bastringue, et c’est de ma faute….

Vais acheter le parfum sur internet, et j’ai une pensée émue pour toutes ces générations qui se frictionnaient à l’eau de Cologne, en sortant du bain.

Bande d’assassins de notes, va ! 

  

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