Tu tires sur la languette. Et là, tu viens de donner un espoir au Jus-vin-blanc-maquereau qui baigne instantanément ton doigt dédié à la dite languette.
Tu recules ton coude-ton bras-ton poignet-ta main, tu tiiiiiiiires : mince… Tu t’arrêtes à mi-course-de-la-boite-longuiiissssiiime.
Peux pas aller plus loin !
Tu t’y reprends, risquant de trancher sur les bords acérés du couvercle, ton pouce-ton majeur-voisins de ton index qui bleuit à vue d’œil, résolument accroché à la languette.
Tu RE-tireeeeeeesssss,
ET LA il se passe QUOI ?
Le couvercle tout recroquevillé-enroulé fait un salto arrière : POP !
Le jus-vin-blanc-maquereaux SAUTE HORS DE LA BOITE EN FER, délivré de la promiscuité avec carottes-oignons-cornichons-aromates-d’on-ne-sait-pas-trop-où, et feus-les-maquereaux
ET POURQUOI IL SAUTE, LE JUS-VIN-BLANC-MAQUEREAU, HEIN ?
Et beh, je vais te le dire, moi, pourquoi il fait son malin :
Jus-vin-blanc-maquereaux, en plus de ses chromosomes liquéfiés, il a reçu une « éducation ».
A la naissance, SAUCE, son père, lui a dit :
– Ton but dans la vie, c’est de TOUT recouvrir !
– TOUT ?
– Oui, TOUT. Demande à MARINADE, ta mère. Chérie, dis-lui toi aussi, au petit!
– Ton père à raison, tu dois TOUT recouvrir, même après l’ouverture de la boite, au cas où le maquereau ne soit pas consommé de suite.
ET VOILA. Le libérééé♪ Jus-vin-blanc-maquereau manque de discernement.
Il recouvre TOUT, y compris TOI, comme il peut, ébloui par la lumière soudaine, confus dans ses vapeurs éthyliques … Il te prend pour la continuité du « TOUT », s’égare SUR ta main qui tient la boite, SUR ta main qui tient le couvercle, SUR ta veste, ton foulard, et accessoirement SUR tes joues.
Et TOUTE l’après-midi, tu entendras : » ÇA SENT QUOI ? Pfffiouuuuu !!! »
Et le « ÇA » qui sent « QUOI »,
C’est TOI.
